la Tribune occupée par des dizaines de manifestant Des dizaines d'étudiants, chômeurs et intermittents du spectacle ont occupé mardi pendant près des trois heures les locaux du quotidien économique la Tribune, à Paris, pour protester contre la précarité sociale.
Compte tenu des délais de bouclage, la première édition du journal, qui dessert l'est de la France, pourrait ne pas sortir mercredi, selon la direction, mais les deuxième et troisième éditions, pour le reste de la France et la région parisienne, devraient paraître normalement.
Commencé dans une ambiance décontractée peu avant 17h00, le "sit-in" s'est terminé de façon plus musclée vers 19h00, après l'intervention des forces de l'ordre dans le bâtiment situé au coeur du quartier de la Bourse.
En file indienne, les manifestants, dont de nombreux lycéens, sont sortis sous les yeux de plusieurs journalistes venus vérifier que tout se passait "en douceur" comme cela avait été convenu entre direction et forces de l'ordre.
Ils réclamaient le retrait du reste de la loi sur l'égalité des chances, finalement amputée du contrat première embauche (CPE) sous la pression de la rue.
En vrac, les manifestants demandaient également le retrait du contrat nouvelles embauches (CNE), du protocole de 2003 sur l'assurance-chômage des intermittents et du projet de loi sur l'immigration de Nicolas Sarkozy.
Avec le remplacement du CPE par une batterie de mesures en faveur des jeunes en difficulté, "ils ont perdu mais on n'a pas gagné", résume une lycéenne parisienne, venue manifester en pleines vacances de Pâques pour prouver que le but "ce n'est pas seulement de sécher les cours".
"SYMBOLE RÊVÉ"
"On occupe un journal économique parce qu'il met systématiquement en avant une économie libérale et un discours sur la flex-sécurité sans droits", explique Gilda, qui a réquisitionné un ordinateur pour rédiger un communiqué.
"Entendre ce genre de propos ici, c'est plutôt revigorant", lâche un journaliste dans un sourire avant de retourner à son écran. "La Tribune, navire amiral de LVMH, c'est un symbole rêvé pour eux", souligne un autre en regardant sortir les jeunes au compte-gouttes.
Les manifestants ont fait irruption dans les locaux du quotidien vers 16h15, demandant la publication d'un communiqué dans la Tribune, ce que les responsables du journal ont refusé, a expliqué François-Xavier Pietri, directeur de la rédaction.
Même si plusieurs vols ont été constatés, dans les affaires personnelles des journalistes, la direction n'a pas souhaité porter plainte. La police n'a procédé à aucune interpellation.
Les manifestants ont constellé les murs et les vitres de la rédaction d'affichettes rédigées à la hâte proclamant "Retrait LEC et CNE", "Nous ne sommes pas à vendre" ou encore "La Tribune, torchon des patrons".
Au rez-de-chaussée, les portes d'une salle de rédaction ont été décorées de "Unes" du dernier numéro de France Soir, paru vendredi, barrées d'un seul mot : "Résistance".
BRAVO !""""
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