Le Grenelle de Sarkozy...

| Le Munich de l'écologie Nicolas Sarkozy parle de « révolution verte ». Le patronat français, Medef et CGPME, se déclare grandement satisfait. Les syndicats par la voix de François Chérèque saluent un processus positif. Corine Lepage (Modem et Cap 21) est aux anges. Le parti socialiste applaudit les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy. L'Union européenne se dit comblée par la voix de son Président.... Al Gore a passé commande d'un Grenelle mondial à Sarkozy. Preuve que la vison sarkozyenne de l'écologie est bien mondialement compatible sans rien changer à la puissance des grands groupes et aux logiques économiques dominantes. Nous avions donc raison de dire lors du contre-Grenelle de l'écologie le 6 octobre à Lyon que si le Grenelle sera sarko-compatible, le sarkozysme n'est pas, lui, écolo-compatible. Nicolas Hulot a finalement bien mérité de TF1 et du sarkozysme. Ce Grenelle de l’environnement est un véritable Munich de l’écologie politique. Munich de l’écologie politique car l'idée qu'une « Union sacrée » soit possible autour du sarkozysme sous le prétexte de la défense de l’environnement a finalement triomphé. Comme si l’écologie n’était pas une affaire de choix de société avec nécessairement des perdants et des gagnants : la grande question étant de savoir qui des pauvres ou des riches paiera la crise écologique. Munich de l’écologie politique car l'idée s'impose qu'on pourrait obtenir des avancées sans constuire d'abord un rapport de force face à la puissance des lobbies économiques et nucléocrâtes. Ce Grenelle de l'environnement est une défaite de l'écologie que nous paierons très cher. Il retarde le moment où il faudra bien apprendre à vivre mieux avec beaucoup moins ce qui suppose d'abord un autre partage des ressources entre les riches et les pauvres. Dans l'attente du grand soir promis par Sarkozy au nom de sa « révolution verte » et de l'extinction durant cinq minutes de nos ampoules électriques, souvenons-nous que le 22 avril 1970, vingt millions d’américains avaient participé au « premier jour de la Terre », qu’à cette occasion la 5e avenue de New York avait même été fermée à la circulation. Nous avons vu combien cette écologie des bons sentiments est un marché de dupes. Trente ans plus tard, les crises environnementales et sociales sont encore plus dramatiques. Que penser des mesures prises par le Grenelle officiel ? On nous parle de geler les constructions d’autoroute et d'aéroports. On nous promet une loi sur les OGM. On nous promet plus de bio dans les écoles. On nous promet de moraliser la publicité. On nous promet de diviser par deux les pesticides. Sarkozy a annoncé la convocation d'un autre Grenelle l'an prochain. Chiche à la même date : nous organiserons de nouveau un contre-Grenelle. En attendant nous ne laisserons pas Sarkozy profiter de la présidence française de l'Union européenne en juillet 2008 pour imposer à l'Europe le retour au tout-nucléaire. Face à une droite naturellement sarko-compatible et à une gauche toujours plus sarko-compatible nous disons que l'on ne peut vouloir à la fois plus de croissance et plus d'écologie. Face au Front National de Libération de la Croissance canal Attali, nous rejettons l'objectif de 5 % de croissance par an car comme le disait Attali en 1973 croire que la croissance puisse réduire les inégalités sociales est une escroquerie intellectuelle. Face à Florence Parisot et à Christine Lagarde qui veulent aller chercher les derniers points de croissance avec les dents, nous lançons un appel à boycotter la grande distribution notamment lors des nocturnes commerciales et les dimanches. Face à ceux qui choisissent de nourrir leurs voitures plutôt que six milliards d'humains, nous exigerons le moratoire immédiat sur les agro-carburants présenté hier à l'ONU par Jean Ziegler. Paul Ariès |
version pdf