JOURNéE Pétrole...

La difficulté croissante à étancher la soif planétaire en pétrole est chaque jour plus évidente. Le Nord pompe à tour de bras depuis près de cent cinquante ans, et le Sud aspire logiquement à le rejoindre. La consommation mondiale, les formidables tensions géopolitiques, tirent le prix du baril vers le haut dans une spirale infernale. Cette situation provoque des raisonnements en noir et blanc. Les optimistes parient que la technologie, l'argent dégagé par un pétrole cher, doperont l'exploration et la découverte de nouveaux gisements. Les autres voient le compte à rebours déjà enclenché, le monde consommant presque autant en vingt ans qu'il ne l'a fait depuis la construction du premier derrick : technologie ou pas, d'ici deux décennies, peut-être même une seule, l'or noir aura quasiment disparu. Et bien avant cela la carte politique du monde risque d'être profondément bouleversée, car les pays assoiffés d'or noir n'assistent pas les bras ballants au désastre annoncé.
Nous réagirons. Aujourd'hui ? Demain? Une seule certitude, ce sera sans doute tard, et notre inertie risque fort de gripper les rouages d'une mondialisation triomphante. Sans même parler des autres conséquences de cette fringale d'or noir pollution, réchauffement du climat, montée des océans considérées en général comme quantité négligeable. Qui se soucie des populations les plus vulnérables, de celles qui, par centaines de millions, seront les premières victimes d'un pétrole toujours plus cher, qu'elles ne pourront plus s'offrir ? Qui, hormis les scientifiques, économistes, anthropologues, écologues, agronomes, physiciens de l'atmosphère et ONG, s'inquiète de la facture des coûts externes engendrés par une planète shootée au pétrole ? Pas les politiques. Pourtant, dès la conférence de Stockholm en 1972, l'environnement s'est invité dans les débats, et les Etats ont été confrontés à la réalité de leur interdépendance planétaire. Certes, en 1992, la conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement de Rio de Janeiro a débouché sur nombre de conventions d'importance majeure, sur le climat par exemple, ou encore la biodiversité. Enfin, le sommet de Johannesburg en 2002 a tenté de considérer le développement social comme la clé de voûte du développement durable. Mais tout cela avec les résultats qu'on sait : trois fois rien. La prise de conscience est réelle, mais les actes tardent. Et le pétrole n'en finit pas de s'envoler sans autre conséquence que de durcir la vie quotidienne.
La croissance mondiale pourrait atteindre 4,9 % cette année. Mais la hausse du baril est source de plusieurs menaces, dont un impact négatif sur la croissance et un déséquilibre de la balance des paiements des États-Unis.
| La croissance du PIB dans le monde |
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Ainsi, donc, il serait normal de disposer d’un pétrole à bas prix ? Et pourquoi donc ? Eh bien justement parce que nos sociétés en ont besoin, CQFD ! A moi, cela me semble un raisonnement un peu aberrant, mais alors à eux, ces hérauts du Marché où les prix d’un produit sont déterminés uniquement en fonction de l’offre et la demande, ce genre d’appel devrait leur arracher la gorge, non ? (Ou alors serait-ce qu’ils ne croient pas vraiment à ce qu’ils disent, mais plutôt aux dividendes de leurs actionnaires, aux résultats de leur parti aux prochaines élections, à leur propre Plan-Epargne-Retraite ?)
Et bien non, le problème ce n’est PAS que le pétrole soit cher, ça c’est normal ! Le coût de la société pétrolière est en effet extrêmement élevé :
- Coût écologique :
- sur le lieu d’exploitation, destruction des milieux par la création d’infrastructures lourdes, contamination de l’eau et du sol,
- au cours du transport : dégazages, marées noires, sans compter les conséquences du transport en lui-même, dépendant à 96%... du pétrole,
- à l’usage : pollution atmosphérique.
- Coût social, les pires dictatures de la planète s’appuient sur la manne pétrolière, sans parler des guerres, ouvertes ou larvées, menées par les pays développés pour s’assurer le contrôle de la ressource.
En revanche, il n’est pas normal de continuer à piller les matières premières des pauvres de la planète sans leur en payer le juste prix, uniquement pour assurer notre confort et les profits des grandes compagnies pétrolières !
Il n’est pas normal que la seule réaction des hommes politiques à la hausse soit de promettre une baisse des taxes ! (Au passage, saviez-vous que l’ensemble du kérosène brûlé par les avions échappe à toute taxe, impôt ou redevance que ce soit ?) Non il n’est pas normal qu’aucun d’eux n’évoque même l’idée qu’au contraire il serait peut-être temps de penser à réduire la facture... en diminuant notre consommation.
Et enfin, il n’est pas normal que nos sociétés dépendent totalement d’une ressource limitée dont la fin, pourtant inéluctable, n’est même pas envisagée.
Un livre:
Alors que les quantités mondiales de pétrole consommées sont de plus en plus importantes, celles qui sont découvertes le sont de moins en moins : actuellement, nous découvrons chaque année deux à trois fois moins de pétrole que nous en consommons. Cette tendance ne peut se prolonger indéfiniment... Et si le pétrole a déjà connu plusieurs crises, il semble que celle qui nous attend soit d’une ampleur inédite et arrive bien plus tôt que nous ne l’imaginons généralement…Comment la situation peut-elle évoluer ? Quand risquons-nous d’être confrontés à une pénurie ? Qu’est-ce que le pic de production du pétrole ? Et surtout, comment et avec quelles énergies alternatives appréhender, anticiper et vivre cet « après-pétrole » ? Voici les questions auxquelles La Vie après le pétrole tente de répondre de manière didactique et accessible notamment grâce à des schémas commentés et des encadrés.



