L'Anti Pub prend un froid...
Après deux ans de silence, la Ville de Paris a décidé de mener à son terme la révision de son règlement local de publicité (RLP), qui avait débuté en 2003.
Cette révision aurait du être l’occasion de mettre en œuvre une politique ambitieuse et courageuse de réduction de la place de la publicité dans l’espace public qui est demandée par la population (1) et de protection des paysages et du cadre de vie. Pourtant, les décisions prises sont jusqu’à présent très décevantes au regard de l’enjeu que représente Paris au niveau local, national ou international, ce que déplorent les associations Résistance à l’agression publicitaire (R.A.P.), Paysages de France et la Société pour la protection des Paysages et de l’Esthétique de la France.

En contradiction totale avec les discours officiels sur la maîtrise de l’énergie, le nouveau RLP généralise l’utilisation des dispositifs énergivores.
Quand on sait que chaque panneau de ce type consomme par année entre 5000 et 9000 kWh, soit la consommation de deux à trois familles de quatre personnes, on est en droit de se demander pourquoi la ville de Paris accorde de tels privilèges aux publicitaires. Les panneaux défilants seraient par exemple admis sur l’ensemble du mobilier urbain ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle. De plus, la très légère diminution du nombre de mobilier urbain (-20 %) s’accompagnerait en réalité d’une véritable explosion du nombre de publicités (+220%), du fait du recours à des systèmes défilants.
Pire encore est l’utilisation d’un véhicule pour diffuser une publicité. Le
nouveau RLP légitime voire favorise une pratique polluante qui devrait être totalement interdite sur Paris au vu de l’exceptionnelle richesse de son patrimoine urbain. Selon le décret n° 82-764 réglementant « l’usage de véhicules à des fins essentiellement publicitaires », il est interdit à ces véhicules de circuler dans certains lieux comme les abords des monuments historiques ou des sites classés…
Le vote définitif du projet n’a pas encore eu lieu. Il est donc encore possible de l’amender. C’est pourquoi, nous demandons aux groupes de travail de faire preuve de cohérence et de courage politique en intégrant les revendications suivantes au futur RLP :
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- A cause des dangers pour la sécurité routière et pour les économies d’énergie que cela représente, nous demandons l’éradication totale des dispositifs lumineux et défilants, l’interdiction de toutes publicités sur les véhicules, l’interdiction des écrans plasmas dans l’espace public ;
- L’interdiction des panneaux publicitaires scellés au sol ;
- Le respect des prescriptions du ministère de l’environnement soit une
interdistance de 150 mètres minimum entre panneau ;
- Une distance de 200 m autour des écoles et funérariums ;
- L’inscription du nombre définitif de mobilier urbain dans le RLP.
Notes :
1. Selon l’étude « Publicité et société », nov. 2005, Ipsos / agence Australie,
77% des français jugent la publicité envahissante.
2.Fiche pédagogique relative à l’application de la réglementation « publicité »
du ministère de l’environnement et du développement durable, octobre 2004
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